COURS 12 : Le baroque et le classicisme au 17e siècle

PIERRE-PAUL RUBENS (1577-1640) et le baroque

Pierre-Paul Rubens. Autoportrait avec sa première femme, Isabelle Brant. 1609-1610. Huile/toile. 178 x 136,5 cm. Münich

Pierre-Paul Rubens. L'Érection de la croix. 1609-1610. Huile/bois. 460 x 640 cm.

Pierre-Paul Rubens. Panneau central de l’Érection de la croix. 1609-10. 460 x 340 cm. Anvers.

Comparaison: l'espace baroque versus l'espace classique

Rubens. La dernière Cène. 1631-32. Huile/toile. 304 x 250 cm. Milan.

Léonard de Vinci. La dernière Cène. 1498. Techniques mixtes. 460 x 880 cm. Milan

Pierre-Paul Rubens. L'enlèvement des filles de Leucippe. 1616-1617. Munich.

Pierre-Paul Rubens. Le jardin d'amour. 1633. Huile/toile. 198 x 283 cm. Madrid, Prado.

NICOLAS POUSSIN (1594-1665) et le classicisme

Nicolas Poussin. Autoportrait (1649). Huile/toile. 78 x 65 cm. Berlin.

Nicolas Poussin. Céphale et Aurore. 1631-33. Huile/toile. Londres.

Nicolas Poussin. Et in Arcadia Ego. 1637-39. Huile/toile. 185 x 121 cm. Paris, Louvre

Nicolas Poussin. Paysage aux funérailles de Phocion. 1648. Huile/toile. 114 x 175 cm. Cardiff.

Nicolas Poussin. Paysage avec les cendres de Phocion. 1648. Huile/toile. 116 x 176 cm. Paris, Louvre

Nicolas Poussin. Paysage avec les cendres de Phocion. 1648. (Détail) Huile/toile. 116 x 176 cm. Paris, Louvre

Nicolas Poussin, La Sainte-Famille à l'escalier. 1648. Washington

Comparaison : style classique, style baroque

Nicolas Poussin. Paysage aux funérailles de Phocion. 1648. Huile/toile. 114 x 175 cm. Cardiff.

Rubens. Le jardin d'amour. 1633. Huile/toile. 198 x 283 cm. Madrid, Prado

COURS 11 : Le réalisme hollandais.

La fidélité à la nature dans la peinture hollandaise :

«Le moment est venu de penser moins, de viser moins haut, de regarder de plus près, d'observer mieux et de peindre aussi bien, mais autrement. C'est la peinture de la foule, du citoyen, de l'homme de travail, du parvenu et du premier venu, entièrement faite pour lui, faite de lui. Il s'agit de devenir humble pour les choses humbles, petit pour les petites choses, subtil pour les choses subtiles, de les accueillir toutes sans omission ni dédain, d'entrer familièrement dans leur intimité, affectueusement dans leur manière d'être; c'est affaire de sympathie, de curiosité attentive et de patience». Eugène Fromentin, Les Maîtres d'autrefois (1876), 1965, p. 184.

Les caractéristiques de la représentation picturale:

La représentation du monde dans la plupart des tableaux hollandais témoigne d'un intérêt certain à conserver aux choses leur intégrité formelle en évitant toute déformation ou transformation de leur apparence.

Floris Claesz. Van Dijck. Nature morte aux fromages. 1615-1620. Huile/bois. 82,2 x 111, 2 cm. Amsterdam.

Les champs de spécialisation de la peinture :

Un rapport intimiste aux choses pousse les peintres hollandais à analyser de façon extrêmement attentive le monde extérieur. On s'étonne moins, dans ce contexte, de voir le champ de la pratique artistique se subdiviser en différentes catégories de sujets où chaque peintre devient un expert. À l'exception de Rembrandt et de Jacob van Ruisdael, les peintres hollandais se sont spécialisés dans un genre spécifique : 1. le paysage, 2. la nature morte ou 3. les scènes de genre. Chacun de ces genres se subdivise à son tour en champ de spécialisation distinct.

1. Les sous-catégories du paysage : «dunes», «rivières», «marines», «paysages nocturnes» et «d'hiver», «vues de ville», «moulins», «forêts», etc.

Jan Van Goyen. Paysage avec dunes. 1630-35. Huile/bois. 54,3 x 37,5 cm. Vienne.

Jacob van Ruisdael. Deux moulins à eau avec une écluse ouverte. 1653. Huile/toile. Collection particulière.

2. Les sous-catégories de la nature morte : «déjeuner», «banquets somptueux», «fleurs», «tabac», «poisson», «trophées de chasse», «vanitas» :

Exemple de «déjeuner» :

Pieter Claesz. Nature morte aux harengs. 1636. Huile/bois. 36x 46 cm. Rotterdam.

Exemple de tableaux de «banquets somptueux» :

Willem Kalf. Nature morte au vase Ming. 1669. Huile/toile. 77 x 65,5 cm. Indianapolis.

Les tableaux symboliques : «fleurs» et «vanitas»

Willem van Aelst. Vase de fleurs avec montre de poche. 1656. Huile/toile. 62,5 x 49 cm. La Haye.

Pieter Claesz. Vanitas. 1630. Huile/toile. 39,5 x 56 cm. La Haye.

3. Les sous-catégories de la peinture de genre : tableaux de «joyeuse compagnie», fêtes en plein air, corps de garde, scènes d'intérieur :

Exemple de tableaux de «joyeuse compagnie» (geselschapje):

Esaias van de Velde. Fête sur une terrasse.1615. Huile/toile. 43 x 77 cm. Berlin.

Scènes d'intérieurs comprenant peu de personnages et dépeignant des activités quotidiennes, domestiques ainsi que des scènes de séduction :

Jan Vermeer. La Laitière. 1658. Huile/toile. 45,5 x 41 cm. Amsterdam.

Jan Vermeer. Officier et jeune femme riant. 1657. Huile sur toile. 50,5 x 46 cm. New York.

Gerritt van Honthorst. L’entremetteuse. 1625. Huile/bois. 71 x 104 cm. Utrecht.

Construire le paysage. Le paysage classique et l'usage de motifs latéraux (arbres, architecture):

Pierre Patel, Paysage avec ruines. n. d. Huile/toile. 59 x 85,5 cm. Springfield.

L’importance de l’observation directe chez les paysagistes hollandais et l'abandon des conventions de représentation dans la peinture de paysage

Jan van Goyen. Dunes. 1629. Huile/bois.Berlin.

Jacob van Ruisdael. Vue de Haarlem. 1670-75. Huile/toile. 52 x 65 cm. Berlin

La multiplication des surfaces à décrire:

«Qu'il s'agisse de comestibles : fromage, tarte, harengs, fruits, noix, ou d'objets que l'on peut collectionner : coquillages, vases ou pendules, on nous en montre l'intérieur, le dessous aussi bien que l'extérieur. Les fromages sont coupés, les tartes répandent leur garniture de fruits sous leur couvercle de croûte, les harengs sont coupés afin de montrer leur chair et leur peau nacrée. Les objets, poursuit Alpers, nous sont montrés brisés, découpés, écorchés (...)». Svetlana Alpers, L'Art de dépeindre. (1990), p. 160.

Décrire la substance des choses : l'absorption du regard dans l'objet

Détail d'une nature morte: une pomme-grenade ouverte

La représentation des effets lumineux

Pieter Claesz. Le déjeuner aux huîtres. 1633. Huile/bois. 38 x 53 cm. Kassel

Gerritt van Honthorst. Souper. 1619. Huile/toile. Florence

Les effets atmosphériques

Jan van Goyen. Dunes. 1629. Huile/bois.Berlin

Le réalisme hollandais et la non-fidélité à la réalité comprise comme totalité phénoménale ou réalité historique

Plusieurs tableaux témoignent d’une ressemblance trompeuse à la «réalité» qu'ils dépeignent. C'est en effet souvent par défaut que l'on présume de cette ressemblance en raison de l'incapacité où nous sommes le plus souvent de pouvoir comparer le tableau avec le motif originel. Dans certains cas cependant cette comparaison est possible, comme dans la peinture de paysage où le site ayant servi de modèle existe toujours. Nous découvrons alors que dans leur approche du paysage les peintres hollandais manifestaient une grande liberté à l'égard des lieux qu'ils décrivaient. Deux tableaux de Jacob van Ruisdael, le Château de Bentheim (1653) et le Cimetière juif (1655) sont des exemples reconnus de cette pratique répandue au 17e siècle, de même que celui de Jan van Goyen, Vue de Leyden (1643). Transformer, déplacer, ajouter ou supprimer étaient des opérations familières aux peintres hollandais, qui désignaient autant de transformations opérées dans la totalité phénoménale que constitue la «réalité».

Exemple de transformation d'un site naturel : acccentuation de la hauteur de la colline

Jacob van Ruisdael. Le Château de Bentheim. 1653. Huile/toile. Dublin

Exemple de transformation d'un site naturel : rapprochement de deux sites éloignés de plusieurs kilomètres (cimetière et les ruines)

Jacob van Ruisdael. Le cimetière juif. 1655-60. Huile/toile. 84 x 95 cm. Dresde.

Exemple de transformation d'un site naturel : ajout d'une rivière dans la campagne environnante.

Jan van Goyen. Vue de Leyden. 1643. Huile/bois. 38,8 x 59, 9 cm. Münich.

COURS 10 : Femmes artistes en Italie (16e siècle); Bernini et la sculpture baroque; Diego Vélasquez et le réalisme espagnol

SOFONISBA ANGUISSOLA (1532/5-1625)

Sofonisba Anguissola. Autoportrait avec inscription. c.1552-1554. 8 x 7 cm. Huile sur cuivre. Boston.

Sofonisba Anguissola. Autoportrait au chevalet. c. 1555-59.

Autoportrait de Rogier van der Weyden en Saint-Luc peignant la Vierge. 1435. Huile/tempera/bois. 137,7 x 110, 8 cm. Boston.

Autoportraits contemporains : le peintre à son chevalet.

Allessandro Allori. Autoportrait. c. 1555. Florence.

Antonis Mor, Autoportrait au chevalet. 1558. Florence.

Peintre à la cour d'Isabel de Valois

Sofonisba Anguissola. Portrait de l'Infante Clara Eugenia.

LAVINIA FONTANA (1552-1614)

Lavinia Fontana. Autoportrait dans le studiolo.

Lavinia Fontana. Portrait de Carlo Sigonio. 1573. Huile/toile. 122 x 95 cm. Modène

SCULPTURE BAROQUE : le besoin d'émouvoir

Alessandro Vittoria. Saint-Sébastien. c. 1563. Marbre. Haut: 1m 17 cm. Venise.

Alessandro Vittoria. Saint-Sébastien. c. 1600. Marbre. Haut: 1m 70 cm. Venise.

CONTRE-RÉFORME : un art pour éblouir et émouvoir

Andrea Pozzo. Allégorie de l’ordre missionaire des Jésuites. 17 x 36 m. Fresque de la voûte de la nef de l'Église Saint-Ignace-de-Loyola à Rome. 1691

BERNINI et la sculpture baroque

Comparaison : dramatisation et théâtralisation de l'action dans la sculpture baroque

Michel-Ange. David. 1504. Marbre. 4, 34 m. Florence.

Gianlorenzo Bernini. David. 1623. Marbre, grandeur nature. Rome, Galerie Borghèse.